Mis en avant

L’Exclusion Sociale

« L’exclusion sociale est un concept très large englobant une multitude de situations et de réalités. Elle se traduit non seulement par un manque de moyens matériels, mais également par une incapacité à prendre part à la société aux points de vue social, économique, politique et culturel. De l’exclusion, il en existe donc plusieurs formes et à divers degrés. »

« Pour d’autres, l’exclusion est clairement un processus. « L’exclusion sociale n’est donc pas l’état d’une personne, mais un processus dynamique marqué par des étapes (non linéaires), des allers­retours, des singularités venant du contexte et de l’histoire de vie, mais qui, globalement, vont dans le sens d’un éloignement de la précarité, des pôles d’insertion, d’intégration, d’inclusion » (ROY, 2008, p. 19) »

« La plupart des théoriciens soutiennent les que l’exclusion sociale est un processus, non seule­ ment la condition tenant compte des résultats de ce processus. […] Il n’y a pas de seuil d’exclusion formelle à franchir, comme il en existe un pour la pauvreté. Au contraire, les individus se situent dans un continuum multidimensionnel et peuvent se déplacer vers l’inclusion dans un sens ou dans l’autre ou vers un cumul de ruptures sociales » (traduction libre, SILVER, 2007, p. i).

Une variété d’indicateurs peut donc être utilisée et traitée en fonction de la façon dont on décline le concept d’exclusion en dimensions. À titre d’exemple, Burchardt, Le Grand et Piachaud (SILVER, 2007) ont établi des indicateurs relatifs à quatre dimensions de la participation sociale dans les activités « normales » de la société : 1) la consommation (moins de la moitié du revenu moyen net des ménages) et les économies; 2) la production (celles et ceux qui sont actifs économiquement et qui ne sont pas engagés dans des activités à caractère social); 3) l’engagement politique (celles et ceux qui ne votent pas ou n’appartiennent pas à une organisation politique) et 4) les interactions sociales (celles et ceux qui n’ont personne pour leur offrir du soutien [écoute, réconfort, aide lors d’une crise], personne avec qui relaxer ou personne qui les apprécie vraiment). Un autre groupe de recherche de Bristol a conduit une enquête sur la pauvreté et l’exclusion sociale (SILVER, 2007).

« L’exclusion sociale est donc un concept très large englobant une multitude de situations. Elle se traduit non seulement par un manque de moyens matériels, mais également par une incapacité à prendre part à la société aux points de vue social, économique, politique et culturel. De l’exclusion, il en existe donc plusieurs formes et à divers degrés. Toutefois, pour l’exercice auquel nous souhaitions nous livrer, il a été clairement établi, dès le départ, que ce sont les formes de l’exclusion sociale qui sont liées à la pauvreté qui seraient retenues. »

Définition:

« L’exclusion sociale est le résultat d’un ensemble de processus économiques, politiques, institutionnels, culturels, souvent interdépendants et cumulatifs, qui mettent des personnes ou des groupes à part dans la société.

« Quand l’exclusion sociale et la pauvreté se conjuguent, elles peuvent se renforcer mutuellement au fil du temps. L’exclusion sociale associée à la pauvreté peut se traduire notamment par des possi­ bilités limitées pour les individus (et conséquemment pour leur famille et leur communauté) de maintenir leur autonomie économique, tout en affectant l’intégrité de leur identité sociale, leur santé, leur éducation, leur participation au marché du travail ainsi qu’aux réseaux de relations sociales et familiales. Ces conséquences peuvent à leur tour entraver la sortie de pauvreté.

« Les mécanismes de l’exclusion sociale peuvent être corrigés par une action collective et par des politiques publiques. »

CHAPITRE 3

Résultats des recherches:

Avant toute chose, nous pouvons affirmer que la définition opérationnelle proposée en début de projet « tient la route ». Confrontée à l’expérience de personnes en situation de pauvreté, elle n’a pas eu à être remise en question. C’est pourquoi nous pensons, sans l’idéaliser, que cette définition permet de faire un pas de plus dans la compréhension et la connaissance de l’articulation de l’exclusion liée à la pauvreté. Ceci constitue un des résultats importants de cette recherche.

Pour le reste, nous présentons ici les résultats à partir de différentes dimensions de la vie touchées par l’exclusion sociale. Cette classification nous permet de couvrir la variété des situations comprises dans le phénomène de l’exclusion sociale liée à la pauvreté :

~ Les conditions matérielles;

~ Le logement;

~ La santé;

~ Le travail et l’emploi;

~ L’éducation;

~ Les réseaux (personnels et institutionnels/organisationnels).

Pour le reste, nous présentons ici les résultats à partir de différentes dimensions de la vie touchées par l’exclusion sociale. Cette classification nous permet de couvrir la variété des situations comprises dans le phénomène de l’exclusion sociale liée à la pauvreté :

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Dans la prochaine section du rapport, nous documenterons chacune des dimensions à partir des éléments soulevés par les participants et participantes lors des ateliers. De nombreux indicateurs sont ressortis comme étant des indicateurs pour mesurer une facette du phénomène de l’exclusion sociale. Pour le moment, nous les avons presque tous conservés. Il sera nécessaire, pour la suite du projet de recherche, de soumettre ces indicateurs à l’épreuve de la réalité, de les cerner avec rigueur et fiabilité et de savoir s’ils mesurent réellement ce que nous souhaitons mesurer.

3.1 les dimensions de l’exClusion soCiale

L’exclusion touche différents domaines de la vie des personnes et à différents degrés. Pour plusieurs, l’exclusion, c’est se sentir en marge, ne pas être dans la norme : « Pour moi, l’exclusion, me sentir exclue, c’est un peu ne pas pouvoir avoir accès à des choses que toute personne dite normale a accès » (participante à

l’atelier B). L’exclusion est souvent partielle, rarement totale : « C’est des petites choses auxquelles on n’a pas accès, qu’on peut pas se permettre dans la vie de tous les jours qui nous empêchent, dire qu’on fait partie de la société » (participant à l’atelier B). Il peut s’agir d’une accumulation de désavantages dans plusieurs de ces domaines ou bien d’un événement qui déclenche un processus dont la finalité est l’exclusion.

Dimension 1 : Conditions matérielles

Cette dimension touche principalement la situation de pauvreté vécue par les participants et partici­ pantes, du manque de ressources matérielles et financières et du manque de capacités que cette pauvreté implique.

Quand les ressources financières disponibles sont très limitées, il est difficile de répondre à tous ses besoins. Les personnes en situation de pauvreté doivent régulièrement choisir parmi certains besoins essentiels, se voyant dans l’incapacité de tous les combler. « Est­ce que je me paye une attelle à 30 $ et je coupe ça dans mon épicerie ou bien je m’en passe » (participante à l’atelier B)? Le manque d’argent cause ainsi la précarité des conditions matérielles en privant les personnes de la possibilité, par exemple, d’avoir une alimentation saine et suffisante (manger de la viande, des fruits et des légumes), et un habillement adéquat (adapté aux différentes saisons), ainsi que de pratiquer des sports et d’avoir des loisirs.

Dimension 2 : Logement

Le logement est une préoccupation cruciale pour les personnes en situation de pauvreté. En effet, trouver un logement décent et abordable représente souvent tout un défi. Or, un ménage qui habite un logement convenable et qui accorde une part acceptable de son revenu à celui­ci peut se concentrer sur d’autres aspects de la vie comme l’alimentation, l’éducation et la santé.

Plusieurs études ont montré que le logement constitue le principal poste de dépenses dans le budget des ménages en situation de pauvreté. Nombreuses sont les personnes qui ont rapporté avoir eu des difficultés à se trouver un logement. Plusieurs sont confrontées au fait de ne pas avoir le choix du logement et de devoir prendre ce qu’on accepte de leur louer, ce qui implique parfois un logement trop cher, en mauvais état, voire insalubre ou inadéquat, au détriment de leurs conditions de vie. Le rapport de la Commission itinérante sur le droit au logement (2012) est très éloquent à cet égard, soulignant que :

« La nécessité d’avoir un toit exerce une pression énorme sur les plus démunis et conduit directement à des situations d’exploitation manifeste. […] Le nombre de personnes devant consacrer une très grande partie de leurs revenus à leur logement est important et en augmentation partout où la Commission a siégé. Une fois le loyer payé, il reste bien peu d’argent pour les autres besoins essentiels.

L’appauvrissement des personnes touchées est alors instantané. Au­delà du stress évident que génère cette situation, il y a l’humiliation de vivre aux crochets des autres, d’avoir toujours à demander, d’attendre un sac de nourriture ou une distribution de vêtements » (p. 13).

De plus, il existe beaucoup de préjugés au sujet des personnes en situation de pauvreté : « […] Si t’es une pauvre ou un pauvre, tu peux te contenter de peu. Alors, que ce soit n’importe où, n’importe quand, en autant que t’as une place pour crécher, lesgens ont cette mentalité­là. Alors, ils vont t’offrir n’importe quoi, n’importe comment. C’est pas parce que t’es pauvre que t’as pas une intégrité puis une dignité »

Les préjugés des propriétaires à l’égard de certaines catégories de personnes (notamment les assistés sociaux, les mères monoparentales, les Autochtones) semblent être une barrière importante à l’accès à des logements convenables : « Quand vient le temps des déménagements, bien, m’a te dire si y a un obstacle à être capable de se louer un logement, c’est bien d’être à l’aide sociale. […] un des gros, gros défis, c’est de se trouver un logement, puis d’avoir un propriétaire qui a pas de préjugés »

Puisque l’accès au logement social est souvent long, l’allocation­logement est une autre forme d’aide qui peut venir combler des besoins de base pour les personnes en situation de pauvreté. Toutefois, à l’heure actuelle, l’accès à ce programme est également assez limité en raison du seuil de revenu.

Les logements sociaux représentent donc, pour plusieurs, l’occasion d’avoir une vie décente en accordant un montant raisonnable du budget au logement, ainsi que des conditions d’accès plus équitables pour tous. Malgré quelques commentaires négatifs au sujet des habitations à loyer modique (pas le choix du lieu de résidence, conflit entre Québécois et immigrants, ambiance négative), la plupart des personnes voient comme une chance le fait de pouvoir avoir accès à un logement social. Le temps d’attente est toutefois souvent très long. La majorité des participants et participantes s’entend sur le fait que l’accès au logement social devrait être plus facile et plus rapide.

En matière d’aide au logement, il a également été souligné que le seuil de revenu utilisé pour donner accès au programme Allocation­logement est très bas et certaines personnes qui n’y ont pas accès auraient besoin de cette allocation pour joindre les deux bouts :

Dimension 3 : Santé

Il est beaucoup plus facile d’agir sur sa vie et sur son environnement quand on est en bonne santé. Vivre dans la précarité affaiblit l’état de santé physique et mentale.

Il est difficile d’adopter de saines habitudes de vie, de se maintenir en bonne santé et de répondre à tous ses besoins liés à la santé quand on est en situation de pauvreté.

Un mauvais état de santé peut être le résultat du processus d’exclusion dans différents domaines de la vie, mais il peut également, en lui­ même, mener à des situations d’exclusion.

De plus, avoir de saines habitudes de vie nécessite certaines ressources financières. Or, les personnes en situation de pauvreté doivent faire des choix qui ne sont pas toujours les meilleurs pour leur santé. Par exemple, en ce qui a trait à l’alimentation, plusieurs nous ont men­tionné opter pour la quantité de nourriture plutôt que pour la qualité. C’est une stratégie de survie, une manière de s’assurer qu’elles auront suffisamment de nourriture pour le mois.

Ceux­-ci étant souvent dispendieux, plusieurs personnes n’ont pas les moyens de pratiquer une activité physique ou un sport, malgré leur désir de se tenir en forme. Il est en de même pour les loisirs, qui sont souvent mis de côté malgré le fait qu’ils leur permettraient de préserver une bonne santé mentale.

La plupart n’ont de moyens financiers que pour répondre à leurs besoins de base. Dans ces conditions, il est difficile de prendre part à la société, d’être actif socialement et de s’impliquer dans des démarches d’intégration en emploi, de retour aux études, etc.

Pour les personnes ayant des problèmes de santé, la situation est encore plus préoccupante. L’argent investi dans les soins de santé est souvent de l’argent en moins pour le budget nourriture du mois. Certains choisiront donc de renoncer à la médication et de vivre avec les conséquences. C’est le cas d’une personne qui a raconté avoir cessé de prendre ses médicaments quand elle a quitté l’aide sociale pour retourner sur le marché du travail (sa médication n’était plus entièrement couverte par l’assurance médicaments).

Le manque d’argent entraîne parfois de lourdes conséquences sur la vie des personnes : « C’est sûr que, si je mange pas, il y a des médicaments qu’il faut que je prenne en mangeant. Je les prends pas quand je mange pas. Mais c’est pour ça que je te dis, mon équilibre est fait à partir de telle, telle, telle affaire. Si je saute un repas, je saute la médication. Donc mon état s’en ressent »

La majorité des parents rencontrés ont affirmé offrir en priorité les soins nécessaires à leurs enfants avant de penser à eux­mêmes : « […]

j’ai beaucoup de réparations au niveau de mes dents, puis je souffre le martyre souvent, puis je gobe des pilules parce que c’est ma fille qui va passer avant moi au niveau du dentiste et ces choses­ là, parce que, rendue à l’âge qu’elle a, là, on paie maintenant pour elle. C’est 10 ans maximum. […] si j’ai un choix à faire, c’est les dents de ma fille qui vont passer avant les miennes »

Il est important de souligner l’angoisse et la détresse liées à la situation constante de manque que vivent ces personnes : « Moi, je voulais parler du stress que c’est de jamais avoir un sou pour faire face aux imprévus […] personnellement j’en ai développé des obsessions. J’ai toujours peur que mon frigo lâche… que ma laveuse lâche […] »

Leur état de santé mentale est constamment mis à l’épreuve. Plusieurs attribuent le fait de ne pas être en bon état de santé (mentale) au fait de vivre dans la précarité. Différentes situations (divorce, perte d’emploi, diagnostic de maladie mentale, etc.) ont amené les personnes à vivre de la précarité et cette dernière est accentuée par la faiblesse de leurs moyens financiers. La capacité d’agir sur sa vie est également directement touchée par l’état de santé mentale des personnes.

Pour la plupart, la maladie mentale et l’angoisse liée à leur situation de précarité représentent autant de barrières supplémentaires à surmonter pour se sortir de l’exclusion.

La maladie est parfois un facteur d’exclusion, notamment quant vient le temps de se trouver un emploi.

En effet, certains processus d’embauche sont discriminatoires :

Dimension 4 : Travail et emploi

Le travail offre différents avantages (revenus, protection sociale, socialisation, etc.) susceptibles de favoriser l’intégration sociale. Toutefois, selon plusieurs des participants et participantes rencontrés, la croissance des emplois atypiques ou précaires et les exigences du marché du travail affaiblissent cette relation entre l’intégration et le travail.

Ainsi, presque paradoxalement, bien que, pour plusieurs, il demeure le principal mode d’intégration sociale, le travail peut également parfois donner lieu à des situations d’exclusion.

Les obstacles à l’intégration au marché du travail sont majeurs.

Pour plusieurs des personnes rencontrées, l’intégration sociale passe par le travail. Le travail procure un certain statut. Il permet de conserver des liens sociaux réguliers, de renforcer l’estime de soi, etc. Sans travail, le risque d’exclusion est plus grand :

« Fait que, t’sé, pas de travail, tu t’exclues parce que, au travail, tu restes en contact avec la réalité de la vie ».

Toutefois, les obstacles à l’intégration au marché du travail sont nombreux :

« La difficulté […] c’est l’insertion et l’insertion, ça ne peut se faire que par le travail. […] c’est ce qu’on a choisi parce qu’on a fait l’immigration économique »

Les coûts, réels ou non, d’un retour au travail pour une personne sur l’aide sociale semblent être un obstacle important. Tout d’abord, les coûts liés à la recherche d’emploi sont autant d’argent en moins pour les autres besoins à combler :

« Si t’as pas d’argent pour manger jusqu’à la fin du mois, vas­tu prendre de l’argent pour essayer de te trouver une job »

Ensuite, plusieurs participants et participantes ont mentionné hésiter à retourner sur le marché du travail, car ils n’auraient plus les avantages sociaux liés à l’aide sociale. Certains sont prêts à assumer ce risque, car ils jugent qu’être sur le marché du travail est plus gratifiant qu’être sur l’aide sociale.

Toutefois, ce ne sont pas toutes les personnes qui sont prêtes à prendre ce « risque ».

Les conditions du marché du travail ne sont pas attrayantes pour tout le monde. En effet, les revenus d’une personne qui ne peut accéder qu’à un emploi au salaire minimum sont insuffisants pour couvrir toutes les dépenses, notamment les médicaments et les frais liés au fait d’être en emploi (entre autres, l’habillement et le transport).

Une personne raconte qu’elle a eu une opportunité de travail au sein d’un organisme communautaire à côté de chez elle :

« Bien, si moi, comme quand j’ai commencé, quand j’ai commencé à faire mes recherches d’emploi, si j’aurais pas eu ici […] j’avais calculé qu’aller travailler à l’extérieur, qu’il faut que je prenne le transport en commun, qu’il faut que je paie les passes d’autobus, en tout cas, au salaire minimum, bien, il me restait 70 dollars par semaine clairs. Pas d’épicerie »

Certains multiplient les stratégies pour y arriver :

« parce que, même si j’ai deux travails, j’arrive pas à m’en mettre de côté, puis j’arrive pas à avoir une vie sociale convenable »

De plus, la conciliation travail/famille est un obstacle important à l’intégration au marché du travail. Parmi les raisons les plus fréquemment évoquées, nous trouvons notamment le fait d’avoir un enfant avec des problèmes de santé, des difficultés de comportement ou un handicap et les horaires atypiques.

Par exemple, avoir un enfant qui présente des troubles de comportement nécessite beaucoup de disponibilité de la part des parents afin qu’ils puissent assister aux rendez­vous de suivi, l’accompagner dans ses déplacements ou le garder à la maison lorsqu’il est suspendu de l’école ou de la garderie.

Cela implique donc d’avoir un horaire flexible ou d’avoir un très bon réseau de soutien. Or, ces conditions ne sont pas données à tous.

Les familles monoparentales font face à cette réalité plus difficilement. Une mère nous a raconté son expérience sur le marché du travail :

« Avoir perdu deux fois des jobs, avoir tout perdu, justement tomber à terre, faire une dépres­sion, parce que tu perds tout ce que t’as, j’ai dit : “Ben, là, un moment donné, il fallait que je trouve un moyen de dealer avec […] les garderies, l’enfant à problème, les téléphones, les rendez­vous.” Bien, j’ai dit : “Pars à ton compte.” Je suis partie à mon compte, ça va faire quatre ans. Puis il y a pas personne qui me dit que j’ai pas le droit de quitter à 4 h, puis il y a personne qui me dit que j’irai pas au rendez­vous, puis il y a personne qui va me couper ma paie »

Dans un autre ordre d’idées, le marché de l’emploi est avare d’emplois adaptés aux personnes qui présentent certaines difficultés (handicap, problème de santé mentale).

En exigeant performance et rendement, le marché du travail exclut certaines personnes, qui auraient beaucoup de potentiel, mais qui répondent moins bien à ces deux critères :

« Parce que, moi, ça fait 25 ans que je travaillais, puis ça fait neuf ans que je suis malade, puis j’ai essayé cinq fois une job, des jobs, mais ils disaient : “T’es trop lente, t’as…” Ils acceptent, mais ils comprennent pas qu’on est plus lente, qu’on n’a pas la même ténacité dans le travail. Il faudrait qu’ils comprennent plus ».

Ce ne sont pas tous les employeurs qui sont ouverts et sensibles à cette réalité.

Certaines personnes ont été propulsées dans l’exclusion à la suite de la perte d’un emploi. C’est le cas d’une personne qui a perdu son emploi après deux diagnostics liés à sa santé mentale et à sa santé physique et qui ne peut plus travailler dans son domaine (celui de la santé) à cause de la maladie :

« […] je trouve ça quand même difficile, là, parce que […] j’avais déjà ma vie professionnelle, mon auto, mon appart. neuf. T’sé, j’étais partie, là. Ça fait comme pfuit! T’sé, c’est quand même toujours difficile à accepter, là. Puis je pense pas me rendre au même niveau que j’étais avant, mais j’essaie de faire autre chose, là, mais, t’sé, je serais pas capable de retourner à l’école parce que j’ai des problèmes de concentration »

Dimension 5 : Éducation

Dimension 6 : Réseaux

Afin de comprendre les mécanismes de l’exclusion sociale, il est nécessaire de s’attarder aux différentes ressources personnelles, organisationnelles et institutionnelles qui gravitent autour de la personne. La quantité et la qualité du soutien social en disent long sur l’enracinement dans l’exclusion. Le problème de l’accès à des ressources, organismes, institutions peut également être observé quand on s’intéresse au manque de soutien, à la désaffiliation. Cette dimension a été divisée en deux sous­ dimensions :

1- Le réseau personnel

2- Le réseau institutionnel/professionnel.

1-Réseau personnel

Le réseau personnel comprend tout ce qui touche la relation avec les proches, l’image de soi et le rapport à l’environnement.

Il est important de s’y intéresser, car le soutien social permet de pallier certains manques et aide l’individu à surmonter les difficultés plus facilement.

Le fait d’avoir ou non un bon réseau social peut être déterminant dans la vie des personnes. Le soutien social apporté par les amis ou la famille peut être d’ordre moral, affectif ou financier.

Il est important de s’intéresser non seulement au nombre de personnes qui composent le réseau, mais également à la qualité de celui­-ci, c’est-­à-­dire au soutien réel qu’apporte l’entourage de la personne.

Il faut aussi prendre en considération que, malgré la présence de personnes sur qui on peut compter, il y a la gêne et la honte de demander de l’aide :

« […] je suis tellement mal à l’aise des fois quand je va lui demander quelque chose [à ma mère] que, regarde, j’aime mieux pas lui demander, puis m’en priver « .

Plusieurs raisons peuvent expliquer la faiblesse du réseau social des personnes rencontrées, notamment les préjugés et l’incompréhension des autres à l’égard d’une situation (santé mentale, aide sociale).

D’autres ont choisi de s’exclure elles­-mêmes.

L’isolement social est un facteur qui renforce l’exclusion sociale.

2-Réseau institutionnel/professionnel

La sous­ dimension du réseau institutionnel/professionnel comprend tout ce qui a trait au recours aux institutions, aux problèmes d’accès à celles -­ci ainsi que la participation à des organismes.

L’accès à des services ainsi que la participation à des organismes renforcent la capacité d’agir des personnes en leur donnant des outils supplémentaires pour faire face à leur situation de précarité.

Nous avons été à même de constater l’importance des organismes communautaires dans la vie des personnes (soutien moral, financier, alimentaire, etc.).

Le recours à des organismes est un facteur de survie et d’inclusion sociale L’image de soi est constamment mise à l’épreuve pour les personnes qui vivent en situation de pauvreté et cela influence leurs comportements.

Le problème de l’accès aux services etaux institutions est réel, notamment en ce qui a trait au temps d’attente, aux coûts des services et aux modes de communication.

Il a été mentionné à plusieurs occasions que le temps d’attente pour avoir accès à des services est long, ce qui entraîne fréquemment une aggravation de l’état de santé physique ou psychologique.

Cette situation fait en sorte que les personnes hésitent à aller demander de l’aide, notamment au centre local de services communautaires (CLSC)

La spirale de l’exclusion et le cumul des désavantages

Il existe différentes façons de concevoir et d’analyser l’exclusion.

La tenue des ateliers nous a permis de mettre en lumière de multiples facettes de ce phénomène. De ces dernières, nous pouvons main­tenant affirmer que, au­delà des caractéristiques individuelles qui constituent incontestablement, et malheureusement, un terreau des plus fertiles, les mécanismes précipitants sont coriaces, féroces.

C’est ce que nous appelons, comme d’autres avant nous, la « spirale de l’exclusion ».

En effet, nous avons constaté, à travers le récit des participants et participantes, qu’il n’est pas rare qu’un seul événement déclencheur précipite un individu dans l’exclusion.

Nous avons pu déterminer certains facteurs de vulnérabilité, tels que la séparation, la maladie mentale et physique ou le non­ accès à la bonne ressource au bon moment, qui semblent déterminants et qui peuvent, à eux seuls, précipiter les individus dans la précarité.

Jumelés à la pauvreté, ces facteurs entraînent les personnes dans de profondes situations d’exclusion.

À l’inverse, d’autres facteurs peuvent être assez puissants pour renverser cette spirale et entraîner une personne vers la sortie de l’exclusion.

Par exemple, une personne orientée au bon moment vers des ressources adaptées et adéquates peut être accompagnée hors de l’exclusion.

Nous avons ren­contré plusieurs participants et participantes pour lesquels une personne ou un organisme a été déterminant dans leur parcours de vie, illustrant ainsi le fait qu’il est également possible de faire une différence, de renverser cette spirale de l’exclusion.

Toutefois, au­delà des renversements de tendances, d’autres tendances, très lourdes celles­là, ne semblent pas pouvoir s’inverser.

Un constat s’est vite imposé au fil des ateliers : en général, il est plus « facile » de tomber dans la pauvreté et l’exclusion que d’en sortir. Autant on peut perdre pied et «dégringoler » rapidement,autant le sentier pour sortir de l’exclusion peut être long, escarpé et tortueux.

Avec la plupart des participants et participantes aux ateliers, nous avons pu observer qu’une fois pris dans la spirale les manifestations et conséquences de l’exclusion (ex. : isolement social, détresse) s’accumulent et accroissent la vulnérabilité des personnes.

La pauvreté constitue alors un facteur supplémentaire d’enracinement dans l’exclusion puisqu’elle prive souvent de l’accès à des ressources nécessaires.

De là toute l’importance d’offrir les bons services aux bons moments.

https://www.mtess.gouv.qc.ca/publications/pdf/CEPE_Lexclusion_sociale.PDF

L’Exclusion sociale

La corruption

On m’a bloqué mon facebook… je vais m’en faire un nouveau compte … pas ben ben l’choix … chu pas mal tannée de me faire épier à partir de l’école Polyvalente depuis avant les fêtes … qui coïncidait avec ma plainte envers un médecin.

Plus jamais ! Personne nous accompagne après la plainte, on est laissée à soi même, sans support, et la réponse vient deux semaines plus tard quand y’a supposément 90 jours.

La fille de CAAP Gaspésie les Iles, il est où votre support?

Pu jamais je ne ferai confiance à la JUSTICE AUX Îles-de-la-Madeleine

Cul de sac!

Qu’est-ce que l’aliénation parentale et comment agir?

Clinique de Psychologie Québec

L’aliénation parentale ou Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) toucherait environ 10 % des enfants dont les parents sont séparés. Même s’il ne figure pas dans la liste des troubles que propose le DSM-V, il n’en reste pas moins lourd de conséquences pour les enfants et les parents qu’il touche.

Deux contre un ?

Derrière ce terme d’aliénation parentale (introduit par Richard A. Gardner dans les années 1980) se trouve le fait qu’un enfant prenne une part active au dénigrement, la disqualification, l’exclusion ou le bannissement d’un parent (le parent ciblé), et ce, sous l’influence de l’autre parent (le parent aliénant).

Pour que l’on puisse parler d’aliénation parentale, il faut que l’un des parents influence son enfant dans le but d’exclure l’autre parent de manière injustifiée et que cela entraîne une détérioration voire une rupture de la relation entre l’enfant et le parent ciblé.

Il faut distinguer le SAP (Syndrome d’Aliénation Parentale) de mécanismes isolés qui peuvent être développés par l’enfant quand les parents sont en conflit par exemple le conflit de loyauté où l’enfant se sent obligé de prendre position. Dénigrer un parent n’est pas non plus suffisant pour parler de SAP, surtout dans des périodes comme la crise d’adolescence.

L’aliénation parentale agit comme une reprogrammation, un « lavage de cerveau » que subit l’enfant et cela va l’amener à ce comportement d’une manière particulière.

Dans cet article nous aborderons :

8 indicateurs pour identifier le syndrôme d’aliénation parentale

Les conséquences pour le parent

Les conséquences pour l’enfant

Comment en arrive-t-on là ?

Que faire quand le processus d’aliénation parentale est engagé ?

Se reconstruire suite à une situation d’aliénation parentale

Comment un professionnel peut vous aider

8 indicateurs pour identifier le syndrome d’aliénation parentale

Le SAP comprend 8 symptômes principaux :

L’enfant dénigre le parent ciblé

Le dénigrement est construit sur des arguments absurdes, changeants

L’enfant ne cache pas son animosité, il n’est pas ambivalent vis-à-vis du parent ciblé

L’enfant prétend que personne ne l’a influencé, il se considère comme « penseur indépendant »

L’enfant soutien de manière indéfectible le parent aliénant

L’enfant ne se sent pas coupable vis-à-vis du parent ciblé

L’enfant utilise des phrases et récits dictés par le parent aliénant

L’enfant dénigre voire rompt les liens avec le parent ciblé mais aussi l’ensemble de la branche familiale à laquelle ce dernier appartient

Les différents stades d’aliénation parentale

Ces symptômes peuvent s’exprimer plus ou moins intensément. L’Association Carrefour Aliénation Parentale distingue plusieurs stades :

Léger : peu de dénigrement et contact avec le parent ciblé

Moyen : davantage de dénigrement, réticences à entrer en contact avec le parent ciblé

Grave : les idées du parent aliénant sont intégrées, rupture du contact avec le parent ciblé ou tentative de fugue, paralysie, ou autre en sa présence.

Des services pour vous aider

Lorsque l’aliénation parentale est identifiée, il importe d’agir rapidement afin de reconstruire et reprendre la relation sur des bases saines. Les blessures engendrées peuvent être complexes à gérer et nos professionnels sont habiletés à vous accompagner dans ce processus.

La médiation familiale

La médiation familiale est un mode de résolution des conflits qui permet de préserver ou de rétablir l’harmonie lors d’un processus de séparation. De par sa neutralité, le médiateur facilite la collaboration entre les conjoints. Son approche humaine et respectueuse permet à chacun de mieux vivre le processus de séparation et de cheminer vers une entente consensuelle. Les rencontres se font entre le médiateur et les 2 conjoints, mais les enfants sont parfois appelés à y participer.

Des recherches démontrent que les ententes conclues en médiation familiale sont généralement mieux respectées à long terme que les jugements imposés par la cour.

La thérapie familiale

Un psychologue peut vous aider à prendre du recul, identifier la nature du problème et vous outiller afin de régler les conflits, diminuer les tensions, rétablir la communication et vous permettre de vous épanouir. Les consultations se font en présence de tous les membres de la famille, dans un environnement neutre, qui favorise l’expression des sentiments, perceptions et peurs de chacun.

Ces services sont également offerts via la thérapie en ligne. Peu importe où vous vous trouvez dans le monde, ne restez pas isolés et contactez-nous pour prendre rendez-vous.

Conséquences pour le parent ciblé par l’aliénation parentale

Agressivité verbale voire physique de l’enfant envers le parent ciblé, mise à l’écart, départ du domicile, rupture du lien parental. Les répercussions sont variables de par leur nature et leur intensité, pouvant même atteindre des extrêmes comme la rupture définitive du lien parental.

A cela s’ajoutent toutes les conséquences psychologiques qui peuvent découler de l’altération / la rupture du lien parental (remise en question, dépression, etc.).

Conséquences pour l’enfant

Le SAP est loin d’être anodin et plus le processus d’aliénation est allé loin, plus les répercussions risquent d’être marquées.

En plus de la rupture relationnelle avec le parent ciblé et la culpabilité que cela peut générer après coup, le simple fait d’établir des liens sociaux va s’avérer complexe. Les relations intimes, la confiance en soi, les troubles du sommeil et/ou de l’alimentation, la liste des conséquences des répercussions du Syndrome d’Aliénation Parentale sur la vie future d’un enfant est très longue.

Il est nécessaire d’être vigilant à l’instauration de ce mécanisme, d’autant plus qu’il peut facilement passer inaperçu, se confondant au début avec des comportements normaux, avant de prendre une toute autre dimension.

Aliénation parentale ou violence psychologique?

Les 2 termes ont plusieurs choses en commun, dont la principale est que l’auteur cherche consciemment à faire du mal à sa victime. Alors que la violence psychologique s’exerce directement sur la victime, l’aliénation parentale se sert de l’enfant pour faire du mal à l’autre parent.

Consultez notre article sur la violence psychologique pour en savoir davantage.

Comment en arrive-t-on là ?

Il est difficile de s’imaginer ce qui peut amener une personne à pousser son enfant à détester son conjoint ou ex-conjoint. Le Dr Hubert Gijseghem identifie des composantes chez l’enfant et le parent aliénant qui vont contribuer à la mise en place du processus.

Le parent aliénant

Quand la notion d’aliénation est apparue, la parent aliénant était présenté comme ayant l’intention d’exercer une influence malsaine. Il était aussi dit qu’il s’agissait en majorité de femmes. Aujourd’hui, on sait que le parent aliénant exerce son influence de manière plus ou moins consciente, et que les pères autant que les mères peuvent revêtir ce rôle.

Plusieurs éléments peuvent amener un parent à devenir un parent aliénant :

Le ressentiment envers l’autre parent : la rupture peut générer de l’hostilité, un sentiment de trahison ou d’abandon, des éléments auxquels l’enfant est exposé et perméable.

La projection du sentiment de victimisation : par exemple, le parent aliénant se sent délaissé et projette sur l’enfant le risque qu’il en soit de même pour lui.

La culpabilité : par exemple, le parent aliénant attribue la détresse de son enfant à l’autre parent par difficulté à supporter sa propre part de responsabilité.

Le désir de réparation : par exemple, le parent aliénant attribue de meilleures capacités parentales à un nouveau conjoint que le parent ciblé, lui enlevant progressivement sa place auprès de l’enfant.

Le biais de confirmation : c’est le fait de confirmer ses propres hypothèses en percevant ce qui les confirme et masquant ce qui les infirment. Par exemple, au retour d’une fin de semaine passée avec le parent ciblé, le parent aliénant va relever tout ce qui confirme que son enfant a passé un mauvais moment.

Ces mécanismes sont loin d’être étrangers à ce que chacun peut vivre ou faire au quotidien, et en ce sens, il n’y a pas besoin qu’une pathologie psychiatrique soit présente pour devenir un parent aliénant. C’est leur superposition et leur intensité qui vont alimenter le risque que survienne une aliénation parentale.

L’enfant influencé

L’enfant est lui aussi exposé à des éléments qui vont plus ou moins favoriser le développement d’une aliénation parentale :

Le désir de réduire le conflit de loyauté : il va avoir un rôle déterminant dans l’émergence du SAP parce qu’il génère un fort sentiment d’inconfort. L’enfant risque alors de se défaire d’un de ses deux parents, ayant pour double effet d’atténuer l’inconfort et de poser un premier pas vers l’aliénation. Le fait qu’un enfant soit pris dans un conflit de loyauté dans cette situation est plutôt bon signe, il indique qu’aucun parti n’a encore été pris.

Le désir de réparer le parent endommagé : en étant en contact prolongé avec l’un des parents, l’enfant va percevoir sa souffrance et mettre en place des stratégies affectives pour y répondre. L’enfant peut alors instaurer une certaine exclusivité, tenant à distance l’autre parent.

Ses propres caractéristiques : la préférence normale que l’enfant peut avoir pour l’un de ses parents / l’attachement exagéré (lien fusionnel) / les difficultés d’adaptation aux situations nouvelles / etc.

À nouveau, ce sont des mécanismes normaux qui sont mis en jeu et leur accumulation et leur intensité aura un rôle important.

En somme, l’apparition d’un Syndrome d’Aliénation Parentale est non seulement conditionnée par la présence ou non d’éléments facilitateurs chez le parent (potentiellement) aliénant, mais aussi chez l’enfant.

Le conflit de loyauté de Marie-Claude Savard

L’animatrice, productrice et réalisatrice Marie-Claude Savard a vécu l’aliénation parentale lors de la séparation de ses parents. Elle a réalisé une capsule vidéo de 60 secondes sur les mots – et les maux – de l’aliénation parentale pour le Carrefour aliénation parentale Québec. Cette capsule vise à expliquer le phénomène, encore bien méconnu, aux citoyens.

Dans un article d’ICI Première, on note que le manque de connaissances populaires sur le sujet rend les victimes bien démunies à chercher de l’aide. À la Clinique de Psychologie Québec, nos travailleurs sociaux sont familiers avec la problématique et peuvent vous accompagner dans vos démarches.

Que faire quand le processus d’aliénation parentale est engagé ?

Il peut s’être passé des mois voire des années avant qu’un parent se rende compte qu’il a été ciblé. Il peut même arriver que le parent ciblé ait l’impression qu’il soit trop tard, que les choses sont irréversibles.

Ce qui est important de savoir, c’est que l’aliénation parentale et être un parent aliénant est puni par la loi car le SAP (Syndrome d’Aliénation Parentale) est reconnu comme atteinte au bien-être de l’enfant. De plus, même si d’apparence cela ne semble pas être le cas, l’enfant souffre de cette situation et il est exposé à de nombreux risques psychologiques. Enfin, rien ne doit empêcher un enfant d’aimer son parent et inversement. C’est un droit.

Agir, c’est protéger la relation avec ses enfants, mais c’est surtout les protéger eux.

La première étape consiste à s’assurer qu’il s’agit bien d’aliénation parentale et d’estimer le niveau de gravité. Pour ce faire, le site internet de l’Association Carrefour Aliénation Parentale propose des outils pour dépister un SAP, mais il est tout de même conseillé de consulter des professionnels familiers avec la problématique (médecins, psychologues, travailleurs sociaux, avocats, médiateurs).

La seconde étape est celle du signalement. En fonction de l’ampleur de la situation, cela peut aller de la sollicitation de la Direction de la Protection de la Jeunesse (DPJ) à la demande d’une audition d’urgence à la Cour supérieure, afin de modifier les modalités de garde.

Plus la réaction est rapide, mieux c’est, car le processus judiciaire peut être long et le temps que l’enfant passe avec le parent aliénant ne fait que renforcer le SAP.

Et après ? Reconstruire suite à une situation d’aliénation parentale

L’absence de contact avec le parent aliénant (ou autre mesure sur laquelle la procédure a abouti) ne suffit pas à remettre tous les compteurs à zéro et à pouvoir redémarrer une relation saine. Des dégâts importants peuvent avoir été faits et l’effet du SAP peut encore perdurer.

L’enjeu est de pouvoir rebâtir une confiance mutuelle, ce qui peut prendre un certain temps et beaucoup d’efforts. La communication est l’outil à privilégier, cependant, elle peut s’avérer complexe et délicate. En ce sens, avoir recours à l’intervention d’un professionnel est vivement recommandé. Il vous aidera à communiquer efficacement et à mettre en place les stratégies les plus efficaces afin de rétablir le lien de confiance.

Durant cette épreuve, le parent ciblé a lui aussi beaucoup souffert. La frustration, la culpabilité, le regret, ont probablement porté atteinte à son équilibre et fragilisé sa confiance en soi. Se reconstruire après ce genre de situation n’est pas facile à faire, et s’entourer d’un professionnel peut être une solution pour sortir de la dynamique générée par l’aliénation.

Consulter un professionnel lorsqu’on est confronté à l’aliénation parentale

Ce qu’il faut retenir de l’aliénation parentale, c’est qu’elle peut se développer sans que les personnes qu’elle touche n’aient de prédisposition à développer un trouble psychologique. L’identifier implique qu’elle est présente depuis un certain temps, d’où la nécessité d’agir vite. La gestion de l’« après » peut s’avérer complexe, du fait des blessures engendrées par l’aliénation. Consulter un professionnel, c’est mettre les meilleures chances de son côté pour se reconstruire et reprendre une relation sur des bases saines.

Les professionnels qui peuvent vous aider :

La offre des services de médiation familiale et de thérapie familiale pour ce type de problématique. Nos experts chevronnés dans le domaine peuvent vous aider !

Nous vous invitons à prendre rendez-vous pour une consultation en personne ou via la thérapie en ligne, que ce soit sous une base individuelle, avec vos enfants ou pour vos enfants. Nous aurons un professionnel qualifié pour vous.

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